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mars 2015 – katherinechoong.ch
Red River Gorge

Red River Gorge

Avec pour seule compagnie notre stéréo s’égosillant sur un fond de musique country, nous quittons l’aéroport de Lexington sous une pluie battante, discernant derrière un pare-brise dégoulinant les nombreuses églises et pancartes louant le Seigneur qui font sérieusement concurrence aux McDo’. L’idée de m’enterrer au fin fond du Kentucky pour un mois de camping, ne m’inspire pas des masses. Cependant, une fois le soleil de retour, la magie de l’univers très coloré de Red River Gorge opère. Nous nous enfonçons dans un paysage bien différent des étendues désertiques et des immenses canyons de la Côte Ouest. Composé de vastes forêts chatoyantes bordées de vertes prairies où broutent paisiblement les vaches et galopent fièrement les chevaux, le bout du monde prend des airs de paysages helvétiques. Enfin jusqu’à ce que les locaux nous baragouinent dans un accent infernal quelques mots de bienvenue, rigolant gentiment de nos plissements de yeux et de notre air ahuri. Les falaises de grès empruntent de nuances grises, striées de coulées ocres, rougeoyantes ou bleutées attisent chaque année la curiosité d’une foule internationale de grimpeurs de tous horizons. Sculptées au fil des intempéries et de l’érosion, les parois pour la plupart très déversantes et criblées de trous et réglettes, permettent de varier les méthodes en plaçant bidoigts ou tridoigts selon la grandeur des saucissons au bout des mains de chacun et de tordre des lolottes dans tous les sens. Bien avantagés dans ce style d’escalade, la première semaine à Red River Gorge se passe à merveille avec une belle moisson de voies dans le 8ème degré pour moi (deux 8b+, trois 8b et trois 8a+ dont...
Le Japon: de l'océan aux sommets enneigés

Le Japon: de l'océan aux sommets enneigés

Après deux visites éclair au hasard du calendrier des compétitions, je m’étais fait la promesse de revenir au Japon, véritable coup de cœur qui m’avait tant émerveillée. Un trip autour du monde ne pouvait donc pas se passer d’un séjour au pays du Soleil-Levant ! Bien que ce pays soit plus populaire pour son héritage culturel, sa nourriture exquise ou même ses sports d’hiver, l’escalade est extrêmement populaire et développée dans tout l’archipel. Le seul hic, c’est qu’à moins de se débrouiller en japonais, vous avez plus de chance de voir un sushi volant vous passer sous le nez que de déchiffrer un topo et l’accès à sa falaise. La communauté de grimpeurs étant très soudée à travers le monde, nous retrouvons heureusement Nobu et sa femme Harumi, nos deux guides japonais salvateurs mis en contact par un ami en commun. A bord de la Chevrolet de notre nouvel ami, nous parcourons depuis Tokyo une centaine de kilomètres à la louche pour rejoindre au sud-ouest, les Côtes de Jogasaki balayées par les remous de l’océan Pacifique. Au détours d’un virage, nous attend une charmante maison de style traditionnel dans un petit village, aménagée de futons, tatamis et d’un onsen (sorte de jacuzzi pourvu d’une source d’eau naturelle bouillante à faire fondre un esquimau, dont on en sort rougi, ramolli et bien détendu) et même d’une télévision, qui entre les émissions de téléréalité nippones et les matches de sumo est un vrai divertissement en soi! Après un réveil sous un tourbillon de neige dégommé par le soleil qui ne tarde pas à pointer le bout de son nez, nous atteignons la...
Getu, la vallée au bout du monde

Getu, la vallée au bout du monde

Après quatre belles semaines passées à Yangshuo, nous commencions à bien connaître l’endroit, avoir nos petites habitudes et un petit cercle de potes grimpeurs. Il était donc temps d’aller prendre l’air ailleurs. Nous empaquetons difficilement, façon Tetris, toutes nos affaires dans nos sacs à dos et partons pour Getu, un minuscule village de la Province voisine, celle de Guizhou Sur la route Depuis l’aéroport de Guiyang, six heures de trajet et trois bus différents nous séparent encore de notre destination. A nouveau, personne ne parle ni ne lit l’anglais. Il ne nous reste plus qu’à déchiffrer le nom des villes écrites uniquement en caractères chinois, par lesquelles nous devons transiter. Nous avions heureusement leur traduction imprimée sur papier. De plus, les Chinois, voyant nos têtes d’étrangers perdues au milieu de ces sinogrammes, nous ont la plupart du temps aidés du mieux qu’ils le pouvaient en nous guidant soit par des signes ou des gestes sur le bon chemin. Notre séjour en Chine nous aura donc permis de développer une belle gestuelle et de devenir très imaginatif pour nous faire comprendre sans parole. Toute une histoire par exemple, pour demander au chauffeur de patienter une minute à cause d’un besoin très pressant qui n’attendra pas les deux prochaines heures de bus nous séparant du prochain arrêt. Sauvée du pire, après quelques mimiques très gracieuses de Jim et moi, le chauffeur rigole un coup, me montre la direction des toilettes et éteint le moteur pour quelques instants. À la nuit tombée, le bus qui roule à toute allure en dépassant d’un coup de klaxon suivi d’un écart les scooters et motos...